
« Aujourd'hui tout est numérique, et ce qui ne l'est pas le sera bientôt. »
C'est par cette formule que l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) alertait sur la protection des données lors du Mois de la cybersécurité 2018. Elle n'avait pas tort. Fin septembre 2018, Facebook venait de subir une cyberattaque touchant près de 29 millions d'utilisateurs, et le RGPD était entré en application quelques mois plus tôt.
Chaque mois d'octobre, le Cybermois, piloté en France par Cybermalveillance.gouv.fr, revient sur ces enjeux. Mais la sécurité numérique ne se limite pas à un mois de sensibilisation : les règles se sont multipliées, et les attaques visent désormais autant les PME que les grands groupes. Faisons le point sur ce que la loi impose, et sur les réflexes à adopter toute l'année.
Le Règlement général sur la protection des données (RGPD) s'applique depuis le 25 mai 2018 dans toute l'Union européenne. Et d'ailleurs, il concerne qui ? Vous d'abord, dès que vous visitez un site qui collecte des données personnelles à votre sujet : un site e-commerce, un blog qui vous envoie sa newsletter, un service de livraison de repas, une plateforme administrative… Et bien évidemment toutes les entreprises qui éditent ces fameux sites.
Dans l'absolu, à protéger toutes les informations personnelles vous concernant qui se baladent sur internet. Plus précisément, le RGPD vous donne le contrôle sur ces informations, autrefois recueillies de manière très floue via une minuscule case à cocher. Vous devez désormais être informé de manière claire et précise, et pouvoir accéder à vos données. Le RGPD impose aussi aux entreprises des obligations strictes en matière de collecte, de traitement, de conservation et de sécurité des données.
Autre grand chantier européen : la directive NIS (Network and Information System Security). Adoptée en 2016 et transposée en France en 2018, elle visait à harmoniser les politiques de cybersécurité des États membres et à renforcer la protection des acteurs les plus sensibles : les opérateurs de services essentiels et certains fournisseurs de services numériques.
Sa remplaçante, la directive NIS 2, adoptée fin 2022, change d'échelle. Elle concerne des milliers d'entités en France, réparties dans 18 secteurs, classées en entités essentielles et importantes. Les entreprises d'au moins 50 salariés ou réalisant plus de 10 millions d'euros de chiffre d'affaires dans un secteur visé sont généralement concernées. Parmi les obligations prévues :
En France, la transposition passe par le projet de loi dit « Résilience », adopté par le Sénat en 2025 mais toujours en discussion à l'Assemblée nationale en octobre 2026. Vérifiez où en est le texte, et testez dès maintenant votre situation avec le simulateur MonEspaceNIS2 de l'ANSSI. Et même si votre entreprise n'est pas directement visée, vos clients concernés vous demanderont sans doute des garanties de sécurité dans leurs contrats.
Dernier texte en date, le règlement européen sur la cyberrésilience (Cyber Resilience Act) vise les produits comportant des éléments numériques : objets connectés, logiciels, applications mobiles… Depuis le 11 septembre 2026, leurs fabricants doivent signaler les vulnérabilités activement exploitées et les incidents graves. La plupart des autres obligations, comme la sécurité dès la conception ou la fourniture de mises à jour de sécurité, s'appliqueront à partir du 11 décembre 2027.
Les règles fixent des objectifs. Sur le terrain, la sécurité repose sur quelques réflexes simples, et surtout réguliers :
Correctement appliqués, ces règlements se complètent pour mieux protéger vos données personnelles. Aucune protection n'est toutefois infaillible, et certains réflexes restent indispensables, côté utilisateurs comme côté entreprises. Et la lecture des fameuses « conditions d'utilisation » n'échappe pas à la règle !
Pour aller plus loin, le site de l'ANSSI propose des guides de bonnes pratiques, pour les particuliers comme pour les entreprises. Cybermalveillance.gouv.fr accompagne les victimes et propose des fiches pratiques, et Francenum.gouv.fr aide les TPE et PME dans leur transformation numérique.
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